Monozukuri, formes d’impression

Nous assistons depuis quelques années en France à une normalisation accélérée de l’industrie graphique. L’arrivée des imprimeurs sur Internet, la fermeture en masse d’imprimeries indépendantes emportant avec elles leurs savoir-faire contribuent à un appauvrissement des productions graphiques. Le métier de graphiste est de plus en plus influencé par les possibilités et les limites des logiciels de PAO, ce qui accentue ce constat en réduisant au minimum la part de la fabrication l’objet imprimé.

Littéralement « monozukuri » signifie processus de fabrication, de création, mais c’est un concept bien plus large que cela. Pour les japonais, il s’agit de l’intelligence dans la fabrication, la maîtrise des mécanismes qui mènent à la production d’une chose lui permettant d’atteindre un stade d’excellence. Le monozukuri n’est pas une simple répétition d’étapes apprises, il requiert de la créativité d’esprit et relève davantage d’un art que d’une science.
Loin d’être passéistes, nous montrons par cette exposition, comment le processus peut être au cœur de la création graphique contemporaine. Nous dévoilons le mode opératoire de la fabrication, cette phase peu connue, car trop souvent occultée, en sortant des coulisses typons, formes de découpe, plaques de gaufrage, écrans de sérigraphie etc. Les travaux de graphistes sont parfois montrés au stade de croquis et de recherches, mais le plus souvent sous la forme du produit fini en situation, ou à travers une mise en scène muséale. Cette exposition confère à cette étape une existence qui dépasse celle du simple outil pour la considérer comme une mécanisme incontournable de la création graphique contemporaine. Se tend alors un pont entre création graphique et industrie, montrant l’importance des rôles de l’imprimeur, du papetier et des autres acteurs de la chaîne graphique.

Sont présentés environ trente travaux de graphistes qui mettent chacun en valeur un procédé d’impression ou de fabrication particulier en faisant un parallèle entre l’objet fini et les formes imprimantes et autres matrices ayant servi à sa multiplication. Une forme imprimante est une matrice unique permettant de créer du multiple, de produire une image en série. En fonction des techniques de reproduction, la forme imprimante se présente sous différents aspects : un film transparent sur lequel est imprimé le motif en noir puis un écran de toile tendue pour la sérigraphie, une plaque d’aluminium pour l’offset, une forme en relief pour le gaufrage, une forme en plastique pour un tampon, etc.

Avec les travaux de :
Anthony Fabre ; Antoine+Manuel ; Atelier de création graphique ; Bettina Henni ; FLAG Bastien Aubry/Dimitri Broquard ; Coline Sunier & Charles Mazé ; Cornel Windlin ; officeabc ; Fanette Mellier ; Frédéric Teschner ; Grégoire Romanet ; James Goggin ; Hans Gremmen ; Vincent Perrottet ; Julien Tavelli et David Keshavjee ; Le Tampographe Sardon ; Marco Mueller et Nicolas Sourvinos ; Mathias Schweizer ; Niessen & de Vries ; M/M (Paris) ; Peter Nencini ; Pierre Bernard ; Xavier Antin ; Atelier Ter Bekke/Behage ; Sp Millot.

Commissaires de l’exposition : Sacha Léopold et Charles Beauté,
assistés de Lionel Dinis Salazar pour la scénographie.

Espace Bouchardon, rez-de-chaussée

Avec le soutien de Lézard Graphique, JCDecaux/Avenir et H+M France.

M/M (Paris), officeabc
Le Tampographe Sardon
Atelier de création graphique, Grégoire Romanet, spMillot, Cornel Windlin, James Goggin
Flag
Esther de Vries et Richard Niessen
Coline Sunier et Charles Mazé
Peter Nencini
Vincent Perrottet
Grégoire Romanet