Graphisme in France

On retrouve, en regard des placards urbains conservés à Chaumont, des productions hétéroclites sur de nombreux supports. Livres, badges, chartes graphiques, pochettes de disques et autres créations multimédia viennent enrichir le propos de l’exposition et souligner la pluralité des formes comme la diversité des commanditaires.

Se taillent bien sûr la part du lion les collaborations de graphistes avec des théâtres, tradition indéfectible ici représentée entre autres par Catherine Zask pour l’Hippodrome de Douai ou Ruedi Meyer pour le Théâtre du Châtelet. Autre filiation naturelle, celle qui lie le graphisme aux arts plastiques, avec la collaboration engagée entre le studio deValence et l’artiste Mathieu Mercier ou la charte de Vier5 pour Centre d’Art Contemporain de Brétigny-sur-Orge. On trouve également dans « Graphisme in France » des terrains d’expérimentation plus rares comme le champ commercial avec la proposition du duo Change is Good pour la marque de bière belge Vedett.

Loin d’être un enterrement en grandes pompes ou un hommage morne et figé, « Graphisme in France » se veut une mise en lumière des trésors conservés aux Silos en même temps qu’un révélateur de la pluralité, du dynamisme et de la qualité du graphisme français.

Sans chercher à jouer à tout prix la carte de l’exhaustivité, elle est au contraire un point de vue, subjectif et assumé comme tel, sur la production nationale depuis les pionniers André François ou Raymond Savignac jusqu’aux productions les plus récentes. Certains, comme Jean Widmer ou Michel Quarez, ont traversé les époques, d’autres ont émergé ces dernières années, tous ont en commun d’être ici réunis pour dessiner en filigrane une histoire de la création graphique française, avec ses croisements, ses filiations, ses évolutions, ses collaborations.

Commissaires : Pierre Bernard, Alex Jordan, Vincent Perrottet