Bastard Battle, de Céline Minard

Dans le cadre du projet de résidence de Fanette Mellier,
« Chaumont : fictions (des livres bizarres) ».


Dans le cadre de sa résidence de graphisme à Chaumont, Fanette Mellier a invité cinq auteurs littéraires à écrire un texte inédit afin d’en inventer la mise en forme. Le graphisme des livres a pour vocation de tisser un lien sensible avec le texte, dans un souci de mise en abîme de la lecture.

« Dans le cadre de ma résidence de graphisme à Chaumont, j’ai souhaité expérimenter autour des rapports entre graphisme et littérature, j’ai donc invité cinq auteurs littéraires à écrire un texte afin d’en faire la mise en forme, dans un souci de mise en abîme de la lecture.

Bastard Battle est le deuxième livre issu de ce projet, c’est une fiction littéraire ambitieuse dont l’action se situe au Moyen-âge à Chaumont. Il est inspiré de faits réels, et l’écriture est une hybridation hallucinante entre ancien français et littérature manga.
Quand je me suis attelée à la mise en forme de ce texte étonnant, je me suis posée la question des références historiques et culturelles inhérentes au texte. Je n’ai pas voulu aller vers une mise en forme ultra-référencée, car cela aurait été trop redondant avec le texte et par là-même réducteur pour le livre. Sans vouloir ignorer ces références, c’est la dimension “d’ovni” littéraire, et l’énergie hallucinante qui s’en dégage, qui m’ont intéressée. J’ai donc fait une mise en page “standard”, à la manière d’un livre de poche (petit format, police par défaut, papier offset bouffant…). À partir de ce canevas basique, j’ai travaillé chaque double-page dans l’idée que le texte était “possedé”, “incarné”, en intervenant graphiquement sur la matière typographique, toujours à partir du centre des doubles-pages, du cœur du livre…
Ce texte, dont le noir est formé par la surimpression de 3 tons directs (rose, jaune, bleu), subit des mutations qui suivent le rythme du récit, et vont crescendo jusqu’à la bataille finale.
Les interventions ne sont pas systématiques : fluides, diffuses ou violentes, elles semblent émerger du texte lui-même, et entrent en lutte avec la structure “par défaut” de la mise en page. » Fanette Mellier

Ce livre a été primé au Concours des plus beaux livres français 2008.
Le texte a reçu la mention spéciale du jury du prix Wepler-Fondation La Poste 2008.

Conception graphique et éditoriale : Fanette Mellier
Co-édition entre les Éditions Dissonances et le Pôle graphisme de Chaumont
Format : 12 x 18 cm, 112 pages intérieures imprimées en 3 tons directs
Couverture noire, vernis mat recto et brillant verso, estampage noir du titrage,
tranche colorée noire
Prix : 20 euros

Photographies du livre : Julien Lelièvre