L’architecture

En 2010, une consultation fut organisée par la Ville de Chaumont et les partenaires du projet : État, Région Champagne-Ardenne, Conseil Général de Haute-Marne. 109 équipes associant les compétences d’une agence d’architecte à celle d’un graphiste ont répondu.

Les projets de quatre finalistes furent présentés à un jury :
Jakob + MacFarlane et Trafik, Moatti & Rivière et Polymago,
Kempe Thill et Lonne Wennekendon, Olgga et Bruce Mau Design.
Le projet de Moatti & Rivière a été désigné lauréat.

« Simple dans sa fine mono-matière, riche dans son volume,
le Centre international du graphisme de Chaumont est une abstraction silencieuse prête à recevoir toutes les images. Notre projet est composé de grands plans posés dans la ville. L’architecture emprunte sa typologie à celle de l’univers du graphisme, aux objets et aux supports investis depuis toujours et jusqu’à aujourd’hui par cet art :
affiche - feuille - page - écran - panneau.

Ces grands plans sont réalisés en pierre. Ils composent les murs
et les toitures. Ils sont rendus abstraits par leur minceur, composés de panneaux de 12 cm d’épaisseur : pierre en parement et âme en nid d’abeille d’aluminium. Cette matière rigide offre à la pierre sa finesse.
Ces plans juxtaposés ou superposés se rapprochent ou s’éloignent. Entre eux, s’installent de grands pans de verre, vastes surfaces que l’on peut clore par des rideaux. Ainsi, depuis la ville, on entrevoit l’intérieur du lieu.

Pierre et verre composent des ensembles simples ou complexes pour répondre aux différents rôles des façades dans la rue :
- sur les angles, ils composent un ensemble sériel qui marque par sa monumentalité le signe public de l’édifice ;
- sur l’allée de la gare, ils sont simplement juxtaposés en redents ;
- face à la banque, ces pans de pierre légers sont mobiles et permettent d’ouvrir la salle d’exposition temporaire sur l’extérieur en continuité avec la cour et donc avec la ville ;
- Trois feuilles plus hautes que les autres offrent leurs surfaces à des installations monumentales, dans des articulations stratégiques : à la sortie de la gare, à l’entrée de la ville rue de Verdun, au coeur du CIG face à la place des Arts. »

L’agencement des façades permettra de recevoir une intervention graphique :
« L’intervention graphique, dans son minimalisme, appartient délibérément à l’architecture, elle s’inscrit dans ses murs comme un filigrane, marque sa surface. Deux trames de points, régulières et orthogonales structurent graphiquement les feuilles en pierre du Centre. Depuis le haut, une trame de points en métal à l’échelle monumentale du bâtiment rejoint à hauteur d’homme une trame de points plus petits et sérigraphiés.

En partie haute la trame peut devenir cimaise pour recevoir les signes et les images de tout format. Les surfaces libres des murs offrent leur surface tramée aux invités des manifestations exceptionnelles, proposant aux artistes d’intervenir : typographes, affichistes, designers graphique, illustrateurs…

Les surfaces tramées de la pierre promettent de multiples usages, elles s’offrent aux évènements, aux signes et aux images dessinées, fixées ou projetées. Ces usages “visuels” seront garants de la capacité de l’architecture à incarner et à transmettre l’essence et l’actualité du lieu, de sa légitimité et de son audace. Ils permettront ainsi de renouveler, d’actualiser et d’accueillir toutes les écritures et les mouvements, le patrimoine comme l’actualité du graphisme. »

Vue d’ensemble
Vue de côté
Vue de côté
Plan de rez-de-chaussée et axonométrie programmatique